Triathlon M de Cepoy

Retour aux sources, pour ce premier triathlon de la saison, puisque c’est ici que j’ai fait ma toute première course. C’était en 2014.

Deux ans plus tard, me revoilà donc. Il était prévu que je le fasse l’année dernière, mais pour cause de coude cassé, il y a eu une période blanche de 6 semaines dans ma planif 2015…

Donc pour cette édition 2016, pas de surprise, l’eau était encore bien froide. Je ne sais pas si je vieillis, si c’est la princesse en moi qui est de plus en plus exigeante, ou si l’eau était vraiment plus froide qu’il y a 2 ans, mais à peine descendu dans le lac pour « l’échauffement » (genre, en 5 minutes, dans une eau à 12°, tu appelles ça un échauffement), j’avais l’impression d’avoir les pieds et les mains dans un étau de glace. La bonne nouvelle c’était qu’ils avaient décidé qu’ils allaient raccourcir la natation de 1500 à 1100 m, en nous faisant nager le long des berges de la petite île « au cas où, comme ça si vous le sentez pas, ça évitera de surcharger les canots de sauvetage… ». Ambiance…

Petit retour sur le contexte de la course.

Cette épreuve était prévue en milieu de planification, en plein cycle de travail spécifique. Elle était prévue à la fin d’une semaine de récupération, entre deux périodes de 3 semaines de travail difficile. Le but était de prendre ses marques sur les transitions, faire le point sur le matériel de compétition, se remettre dans l’ambiance de courses avant les premières « vraies » épreuves, et courir aux allures travaillées à l’entraînement pour la distance half ironman.

Pas question donc de pêter un record sur cette course, surtout sur cette distance beaucoup trop courte pour moi.
Pour l’occasion, j’avais évidemment sorti le vélo de chrono, puisque ça faisait déjà 2 semaines que je travaillais dessus, mais j’avais gardé les roues d’entraînements. Pas question de sortir les roues de compétition en carbone qui coutent respectivement un rein et un demi foie, surtout que d’après mes souvenirs, la route n’était vraiment pas terrible pour jouer les divas en roues carbone…

Donc retournons à notre bain norvégien.

Nat'Je m’étais bien positionné « sur » la ligne de départ, c’est à dire que comme les connards que tout le monde déteste, j’étais à peu près 1 mètre ou deux au-delà de ladite ligne, et j’attendais le signal pour me placer au mieux et ne pas me retrouver dans la machine à laver. Les arbitres ayant visiblement décidé de ne pas donner le départ tant que tout le monde ne serait pas derrière la ligne de départ, je commençais à reculer. Quand je me suis rendu compte qu’en fait tout le monde partait… Manifestement, je n’avais pas entendu le coup de corne de brune qui avait donné le départ… Je me suis donc retrouvé au milieu d’un paquet de triathlètes, et ce n’est pas pour jouer les fines bouches, mais en général, un triathlète au moment du départ de la natation, ce n’est pas en finesse et délicatesse, mais plutôt à coups de truelles. Enfin bon bref, pendant que les plus malins que moi partaient en petit groupe devant, je jouais des coudes pour m’extraire du paquet. Lorsque j’en sortais, les 5 meilleurs étaient 20 mètres devant moi, et j’ai finalement fait la totalité de la natation tout seul dans mon coin. Je sors de l’eau 6ème, et, les miracles du chronométrage automatique aidant, avec le 4ème temps…

A l’arrivée de la natation, aidé par les bénévoles qui nous sortaient de l’eau en nous tirant par les bras, je pose mon pied congelé par terre, ma jambe me lâche, je pose le deuxième pied, l’autre jambe me lâche, super, je suis frigorifié, la zone de transition fait 300 mètres, et quand bien même j’arriverais à la parcourir, partir pour 40 bornes de vélo sans les jambes risque de poser quelques difficultés techniques.

Au final, la princesse ferme sa gueule, je m’extirpe de ma combi, enfile mon casque, mes lunettes, hop le dossard, on oublie pas le vélo et c’est parti pour 40 km. Un coup d’oeil au garmin pour vérifier que le capteur de puissance est opérationnel, et je me cale sur mes objectifs. Il y a du vent, on commence en l’ayant en pleine face, je rentre la tête pour diminuer la prise au vent, mais comme la route est défoncée par endroit et que la circulation est restée ouverte, il faut quand même jeter un coup d’oeil devant pour ne pas se retrouver sous les roues d’un tracteur ou dans une fosse à purin (Cepoy les gars, cherchez sur une carte, vous verrez). Comme d’hab, au bout de 10 km environ, je vois passer les habituels gros rouleurs qui se noyaient derrière moi en natation, mais qui vont dominer le vélo. Les premiers passent beaucoup trop vite pour que ça me paraisse raisonnable de m’accrocher et, anyway, je roule déjà bien au-dessus des puissances travaillées à l’entraînement.

Au bout de 20 km, la puissance descend progressivement à des valeurs normales pour moi, celles qu’il faudra que j’arrive à tenir pendant 90 km sur un half. A vue de nez, ça ne me parait pas infaisable. Ça sera dur, mais aujourd’hui je ne suis pas affuté alors pas d’inquiétude.

Transition 2Finalement, je ne me fais pas remonter par tant de participants que ça, le travail doit quand même payer, et je finis mon vélo en honorable 13ème position, mais comme le dira le verdict final avec le 38ème temps pour ces 40 km. Je foire ma transition en m’y reprenant à 3 fois pour enfiler ma casquette (la première fois, j’avais laissé dedans les tubes de gel que j’avais préparé pour la course à pied), j’enfile mes chaussures, et here we go, 11 km.

CAPComme pour le vélo, je me cale sur l’allure du half ironman que je travaille à l’entrainement, et on verra sur les derniers km pour accélérer un peu et se faire plaisir. Un gars sort de la zone de transition derrière moi et me colle au train. Ça ne m’inquiète pas trop, je suis tellement une crêpe en vélo par rapport à la course à pied, que généralement je rattrape plus de monde que je ne me fais rattraper. Sauf que lui il s’accroche. On rattrape du monde, quelqu’uns qui s’accrochent 200 ou 300 mètres avant de lâcher l’affaire. La course à pied est plutôt sympa, sauf une partie le long du Loing, à découvert avec le vent de face, suivie d’une partie en sous bois, sur un sol irrégulier, caillouteux par endroit, boueux à d’autres. Tout ce que j’aime… La deuxième partie de la boucle se fait sur un chemin de promenade sablé. Je me mets sur le bas côté pour ne pas trop pédaler dans la semoule. L’autre derrière moi s’accroche toujours. On entame la deuxième boucle. Je suis toujours à mon allure de course, il reste 6 km, je me laisse encore un ou deux km avant d’accélérer. On remonte le long du Loing, j’entends mon compagnon de course prendre un peu de distance derrière, puis revenir sur mes talons. J’ai l’impression que ça devient dur pour lui. J’accélère légèrement pour voir comment il réagit, il se laisse un peu distancer et revient difficilement pendant que je me suis remis à mon allure. Il fatigue, c’est le moment d’accélérer, surtout après cet effort qu’il vient de fournir pour revenir sur moi. Allez, c’est parti, encore 4 km, placer la technique, tête haute, épaules relâchées, attaque du pied par la pointe, juste sous le centre de gravité, et ça roule tout seul. Il ne tient pas l’allure et lâche.

ArrivéeJe franchis la ligne d’arrivée en 9ème position, avec un 4ème temps en course à pied.

4ème temps en natation, 38ème en vélo, 4ème en course à pied, cherchez l’erreur. Mais bon, en deux ans, on ne fait pas de miracle, surtout en vélo, et ça laisse encore de belles marges de progression.

La semaine prochaine, premier half de la saison, à Lacanau. Ce coup-ci, il s’agira d’une course de travail qui fera partie du programme d’une semaine d’entraînement difficile. Je ne m’attends pas à des miracles, mais ça me fera plaisir d’aller courir sur ce format.

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