Half de Lacanau, édition 2016

IMG_8232Premier half de la saison, qui arrivait au milieu d’un cycle de travail spécifique. Pas de préparation particulière donc, juste un aménagement de la semaine pour que cette course trouve sa place dans le cycle en tant qu’entrainement. L’idée était donc de travailler les allures de course. C’était aussi l’occasion de tester mes objectifs en vélo, car avec le peu de recul que j’ai de l’utilisation du capteur de puissance, je ne suis pas aussi certain de ce que je fais qu’en natation ou en course à pied.

Côté matériel, j’avais hésité à prendre les roues carbone vu les objectifs du jour. Et surtout, une fois les roues montée, j’ai jamais réussi à régler ce putain de frein arrière. Mon préparateur vélo m’avait pourtant dit « faudra JUSTE que tu règles le frein quand tu les monteras ». Mais manifestement lui et moi n’avons pas la même conception du « juste ». J’ai donc gardé les bonnes vieilles roues d’entraînement en alu, qui doivent peser autant à elles seules que le cadre du vélo…

Arrivée la veille au soir donc, préparation du vélo, un petit tour de 30 minutes histoire de tourner les jambes et de voir à quoi ressemble la route, puis 30 minutes de course à pied dans les pinèdes avec quelques rappels d’allure, retour à la location, préparation du matériel de course, une bonne plâtrée de pâtes, une verveine et au dodo. Enfin, une bonne platrée pâte et une verveine… J’avais juste oublié les pâtes à la maison, et il a fallu trouver un carrefour market ouvert pour avoir autre chose à manger que juste du fromage rapé et du jambon blanc. Et pour la verveine, j’avais oublié le décaféiné à la maison, alors je me suis retrouvé comme un con avec mon mug d’eau chaude… (très important le déca le soir, les rituels toussa).

Le matin, arrivée une heure et demie avant le départ pour récupérer le dossard, installer le vélo dans l’aire de transition, et enfiler la combinaison.

IMG_8248Je ne vais pas m’échauffer dans l’eau car le briefing de course à lieu juste avant le départ, et comme on partira sur la plage, je n’ai pas envie de me peler les miches pendant les 10 minutes du speech que de toute façon, une fois de plus, personne n’a entendu. Comme d’hab, c’est la panique, personne ne sait par quel côté il faudra prendre la bouée, par où on sortira de l’eau, et finalement, comme d’hab, on se dit qu’on suivra celui qui est devant soi et on verra bien.

Je me place en première ligne pour ne pas me retrouver comme la semaine dernière, à devoir me battre pour m’extraire de la masse. Une arbitre se place à l’avant, au milieu de la ligne, pour vérifier que personne ne s’avance. Elle est joueuse, elle n’a pas peur de finir à la flotte.

IMG_8265Le départ est donné, ce coup-ci je l’ai entendu.

Je cours, l’eau n’est pas profonde sur une distance assez longue, mais quand elle commence à m’arriver aux genoux (c’est à dire un peu plus vite pour moi que pour la majorité des autres) je préfère plonger et commencer à nager. Je pars vite, comme travaillé à l’entraînement, pour me placer en tête de course et ne pas être gêné. Je sais que si je me retrouve avec du monde autours de moi (enfin, en général, vu que c’est le bordel, c’est plutôt sur moi), je vais encore nager comme un plomb et perdre ma technique. Vu le travail à l’entraînement, je sais que je peux tenir 100 mètres en 1’10 sans me cramer, pour arriver ensuite à nager en 1’20 facile pendant tout le reste de la course.

Il y a beaucoup de vagues, du vent, les conditions sont pourries, mais je suis un nageur, alors plus c’est la mouise, et plus je suis avantagé.

IMG_8285Je fais la course avec un gars dans les pieds, on finit la première boucle en sortant 30 secondes derrière le 3ème, et avec une avance qui commence à se creuser sur les suivants. L’homme de tête est un ancien champion d’eau libre alors je n’effleure même pas l’idée de m’accrocher.

Fin de la natation, je suis 4ème.

IMG_8286Aire de transition, je fais sauter la combi, j’enfile ce qui va bien pour le vélo, et hop, direction la sortie.

Je prends mon élan et saute sur ma selle, c’est cool, je commence à maîtriser la montée sur le vélo avec l’enfilage des chaussures déjà clipsées au pédales (c’est à dire que je ne finis plus le cul par terre).

Et c’est parti pour 80 km. L’objectif est de tenir 220 watts. Je n’ai aucune idée de ce que ça peut donner en course, mais c’est une estimation d’après ce que je fais à l’entraînement.

Les premiers km défilent, 220 watts, ça me parait finalement facile. Pas la peine de regarder le cardio pour l’instant, après la natation, je suis toujours très haut, et je sais qu’il me faut une vingtaine de minutes pour redescendre.

Comme d’hab, je fais me doubler, mais pas tant que ça. Jusque là, ça roule en respectant les distances minimales entre deux concurrents, mais faut dire que l’arbitre n’est pas encore trop débordé et qu’il a le temps de faire des allers-retours, assis sur le siège passager de la moto. Je fais une bonne soixantaine de km comme ça, mais il faut que je me concentre de plus en plus pour tenir les 220 watts. Deux gars viennent de passer. Comme je commence à décrocher, je me dis qu’il faudrait que j’arrive à les tenir, j’ai déjà perdu une bonne dizaine de places. Quelques minutes plus tard on se fait rattraper par une trentaine de triathlètes qui roulent en paquet, dans le cul les uns des autres. Avec les deux gars qui viennent de me rattraper, on est halluciné. Un vrai peloton de course cycliste, aucun respect du non drafting, et évidemment, aucun arbitre pour mettre un peu d’ordre là dedans. J’essaie de garder mes 10 mètres de distance, mais c’est impossible, alors je finis par les laisser passer pour les suivre à distance. Pendant qu’ils me remontent, j’en profite pour regarder ce que ça donne en terme d’effort que d’être dans l’aspiration des autres. C’est flagrant, je roule 2 km/h plus vite, environ 39, pour un effort qui me coûte 60 watts de moins ! Pas étonnant qu’ils aient l’air plus frais que moi s’ils ont fait les 60 premiers km en tas comme ça.
Un arbitre remonte doucement en moto, le même qui s’occupe de la tête de course depuis le début. Je suis à distance derrière le paquet, alors il ne me dit rien. Par contre, arrivé à leur hauteur, il sort son carton, et les aligne un par un. Ça gueule sec, mais ça leur fait les pieds. Ils s’alignent donc, à 10 mètres de distance les uns les autres, mais pour ranger 30 connards, ça semble être compliqué, surtout qu’aucun ne veut lâcher sa place. 10 bonnes minutes plus tard, ça ressemble à quelque chose. Sauf qu’une fois qu’ils ne sont plus en tas, bah le travail devient forcément plus dur, et là ça rame. Je souffle un peu, finis d’avaler ma barre énergétique que j’avais commencée pendant que l’arbitre faisait le ménage et me décale pour commencer à remonter la file. Cette petite pause m’a permis de reprendre un peu de jus, et je passe à 250 watts pour doubler sans trop de difficulté. Arrivée en tête de file, je me recale naturellement sur 220, et je me fais la réflexion que c’est vraiment la bonne puissance. Plus fort, je ne pourrais pas tenir la distance.

IMG_8319On arrive sur la fin du vélo. Je suis 23ème, j’ai perdu une vingtaine de places. A nous la course à pied. Je sais que c’est là que je peux reprendre les choses en main.

IMG_8348Je sors de la zone de transition, comme d’hab, les sensations sont bonnes, je me laisse le temps de prendre le rythme pour jeter un coup d’oeil à mon allure, 3’45 au kilomètre, nickel, y’a plus qu’à s’y tenir. Un gars me colle. On commence déjà à remonter les premiers coureurs qui ont tout donné en vélo et qui sont cuits. Je fais 4 km avec mon pot de colle. Les 3 premiers km sont dans le sable ou dans les sous bois sur des épines de pin qui glissent à chaque impulsion. C’est chiant et fatigant, mais on est tous à la même enseigne, alors bon… Patafix finit par se mettre à ma hauteur. Il me demande si la course à pied fait 20 km ou 21. J’ai envie de lui répondre qu’au stade où on en est ça ne change pas grand chose, et que si c’est pour qu’il puisse savoir quand il doit taper le sprint pour me griller, on en reparlera en temps voulu. Bon, finalement je lui réponds qu’on est parti pour 21 km. Ça n’a pas l’air de trop lui convenir parce que 300 mètres plus loin il s’arrête pour gerber. Un de moins.

Je continue ma route. Ça devient difficile mais avec 3’45 au km je m’y attendais.

IMG_0877Je rentre dans un petit moment difficile où je me dis qu’il faudrait que je songe à sécuriser les 10 derniers km car je ne suis pas sûr que tout continue à bien aller à cette intensité. Mon petit coeur tape à 180, ce qui n’est pas extraordinaire non plus pour moi, mais je sais d’expérience qu’à cette fréquence ça peut rapidement décrocher si jamais je pousse un peu plus. Je sors du bac à sable, reprends mes marques sur le bitume. Un petit checkup pour replacer la technique avant les 6 derniers kms. Je me sens mieux, je me relance à 3’45, ça devrait passer. Je passe un concurrent 4 kms avant la fin. Le dernier km est dans le sable. C’était déjà insupportable au début, mais là c’est la misère. La ligne d’arrivée approche, je m’aperçois qu’il y avait encore un gars 15 mètres devant moi que je n’avais pas repéré parmi ceux qui en était au premier ou au deuxième tour. Tant pis, je finis quand même en 7 ème position.

Bilan, 4ème temps en nat, je finis le vélo en 23ème position, avec, le 85ème temps (MOUAHAHAHAH, vous le voyez l’ancien nageur qui n’avait jamais posé son cul sur une selle il y a encore 3 ans), et je finis donc 7ème, avec le 3ème temps en course à pied.

C’est donc plutôt positif.

Le travail en natation et en course à pied paye vraiment. En vélo, j’ai roulé un demi km/h plus vite qu’à Vichy avec un parcours relativement similaire, mais avec plus de vent aujourd’hui, et une course majoritairement plus solitaire aussi. Je pense donc que j’ai également progressé de ce côté là, mais malgré tout, ça reste encore mon gros point faible.

Prochaine échéance : half de Mansigné, en fin de cycle de travail spécifique, juste avant les 2 semaines de tapering pour Amsterdam.

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2 commentaires Ajoutez le votre

  1. nfkb (@nfkb) dit :

    Hello !

    Comment t’es tu fixé cet objectif de 220 W ?

    Superbe résultat en tout cas, je sens bien la hargne du compétiteur dans ton propos !

    1. Fab' dit :

      A la fin de chaque cycle, après quelques jours plus cool, je fais un test sur chacune des trois disciplines pour ajuster les zones allures ou puissance de travail. Pour le vélo (et la CAP), c’est un 30 minutes max, ça me donne mon FTP, et pour le half je vise 95% du FTP.

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