Urban Trail d’Evry 2017

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Deuxième participation pour moi à cette édition 2017.

La distance la plus longue cette année était un 24 km, contre un 30 km l’année dernière. Tant pis pour le côté « sortie longue » comme je l’avais fait l’année dernière, mais à la limite, ça se rapprochait plus de ma distance de course.

Aucun enjeux pour moi, donc, et j’ai fait mon programme d’entraînement habituel. J’arrivais sur la course après un gros cycle de travail de 3 semaines, à la fin d’une semaine typique où j’avais simplement fait sauter la sortie longue en course à pied.

Je sortais également d’une grosse semaine de travail au cabinet, avec une grosse réunion de travail tout le samedi qui m’avait à peine laissé le temps d’aller courir à l’aube. Et le dimanche après la course je partais en province pour une semaine de formation. Autant dire que cette course était une parenthèse au milieu de cette semaine, et c’est absolument la tête ailleurs que je suis arrivé sur la ligne de départ, sans aucune idée du parcours et de la stratégie de course que j’allais suivre…

Donc pour bien commencer, j’ai complètement foiré mon placement sur la ligne de départ, et je me suis retrouvé 10 mètres derrière ceux qui avaient mieux joué leur coup. Une fois le départ donné. Il m’a fallu 3 km en 3:30 pour pouvoir retrouver le groupe de tête. Là, j’ai pu poser un peu ma foulée pour repartir sur un rythme plus compatible avec une course de 24 km. Malgré tout, le rythme était soutenu, et l’idée m’a effleuré à quelques reprises que cela allait peut-être poser quelques difficultés avec la charge de travail que j’avais encaissée ces 3 dernières semaines. Mais n’ayant absolument pas réfléchi au truc avant, je me suis dit qu’on aviserait plus tard… Moyennant quoi, vers le 8ème km, je me suis dit que quand même, ça allait en fait être vachement compliqué… Les gars avec qui j’étais ne semblaient absolument pas dans la difficulté, à part un qui respirait bruyamment, mais comme ça durait déjà depuis… le début en fait, je me suis dit que c’était son volume sonore de base. Il y en avait même un qui commençait son échappée. Bref, l’idée de m’arrêter à la fin de la première boucle de 13 km semblait relativement séduisante. Au passage du 13ème km, le rythme était toujours le même, mais mes collègues commençaient de temps en temps à perdre un peu de terrain avant de revenir à mes côtés, repasser devant quelques minutes, et ainsi de suite. Et quand on n’est plus le dernier à la traine à subir la course, et qu’on commence à donner le rythme, et bien ça va tout de suite beaucoup mieux. Bref. Donc relances pour garder le 2ème en ligne de mire. Le parcours de la 2ème boucle me parait beaucoup plus sympa et varié. On entame une descente à travers champ. Les touffes d’herbe rendent le truc complètement casse gueule. Mon voisin s’exclame que quand même ça serait vachement con que de se faire une cheville aujourd’hui alors qu’il n’a jamais fait un trail avec si peu de terrain non stabilisé. Je lui réponds que c’est déjà beaucoup trop pour moi qui suis un coureur de bitume. On se retrouve dans les bois. Je suis à la 3ème place, et je rattrape le 2ème. Très étonnamment, c’est dans la boue, et mes chaussures de princesse pas du tout adaptées au terrain et crottées, que je le double.  L’idée qu’il s’agisse d’une stratégie de trailer fourbe et sournois ne me parait pas improbable et je m’attends à tomber dans un ravin après chaque virage. Mais non. Et c’est en bonne seconde place que nous sommes sortis de là et avons retrouvé le contact doux et rassurant du goudron. Au détours d’une grande ligne droite, j’aperçois au loin (trèèèèèèès loin) le premier coureur et je me dis que, deuxième, c’est déjà pas mal. Si tant est que les 3 autres derrière moi ne repassent pas devant. Bords de Seine, passerelle rive gauche-rive droite, re-bords de seine, et là, le truc totalement inconcevable pour moi, une montée dans la boue à devoir s’aider des mains (dans la boue, les mains, dans la boue, imaginez…), et en haut, une enjambée de barrière à hauteur de thorax. Je passe le truc en mode random, je repars les jambes complètement sciées, je jette un oeil en arrière sur les 3 autres, et je m’aperçois que la montée-gadoue-barrière leur a été fatale.

Il reste 4 km, je relance, genre c’est trop beau, tu vas voir, tu vas te faire grillé sur le dernier kilomètre. Mais non. Je dois bien vérifier toutes les 2 minutes qu’il n’y en a pas un qui serait miraculeusement remonté. Encore 2 km. Les spectateurs me crient que le premier n’est pas loin. J’ai envie de m’arrêter pour leur expliquer que non, « pas loin », quand c’est en fait « 30 secondes devant toi », et qu’il reste genre un kilomètre et demi avant l’arrivée, c’est pas vraiment jouable. Bref, je continue mon truc, à vérifier comme un neuneu que les autres derrière moi qui n’étaient plus ne sont toujours plus là, sans du coup m’apercevoir que celui devant moi qui était trop loin n’est en fait plus si loin que ça. Et c’est 14 secondes après lui que je passe la ligne d’arrivée. Deuxième. Comme le diras le gars au moment du podium, deuxième en 2016, deuxième en 2017. Et non ça ne m’emmerde pas car contrairement à ce qu’il dira, je ne suis pas un spécialiste du trail du tout (MOUAHAHAHAHAH).

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