70.3 world championships 2017 Chattanooga

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Le parcours semblait difficile.
Les resultats des femmes la veille allaient dans ce sens.
Je l’ai vérifié par moi même et je le confirme :
– Une natation avec un gros courant de face sur la moitié du parcours
– Un parcours vélo avec une grosse ascension dès le 5ème km, et gentiment valloné par la suite
– Une course à pied tout en bosses et faux plats montants (et accessoirement descendants, mais hey, qui se plaint des faux plats descendants ?!)
Voila pour la version courte.

Allons-y pour ceux qui aiment les détails.

J’arrivais sur la course avec les mêmes dernières semaines de préparation que d’habitude, et qui ont toujours assez bien fonctionné. En d’autres termes, la toute dernière semaine, celle où je suis arrivé à Chattanooga, les séances consistaient en quelques rappels d’allure très courts, et c’est à peu près tout.
Je profitais de ces derniers jours pour aller nager dans le Tennessee River où devait se dérouler l’épreuve. L’eau était chaude, bien au-dessus de la limite pour que la combinaison soit autorisée. Mais la semaine s’annonçant fraîche, il était assez probable que l’eau refroidisse suffisamment pour que l’on puisse nager en combi. Par contre, le courant était vraiment fort, et à priori, sauf évènement majeur, il était prévu que ça le reste. Lors de mes rappels de vitesse, je mettais 4:30 pour faire 200 m à contre courant, et 2:10 dans le sens du courant, pour dire.

L’avant veille de la course, j’allais quand même faire un petit repérage du parcours vélo (en voiture…), et surtout de la grosse montée du 10ème km et des 20 km suivants, histoire d’avoir une idée du terrain et de ne pas être pris par surprise.

La veille de mon épreuve avait lieu la course des femmes, après quoi je pouvais aller faire le check-in du vélo, et le dépôt des sacs de transition. Les femmes avaient effectivement pu faire la natation en combinaison. Les temps des premières pro confirmaient bien la difficulté de l’épreuve, et je m’attendais donc à passer un peu plus de temps que d’habitude dans chacune des disciplines.

Jour J. 4h30. Ça pique un peu. Petit déjeuner copieux, dernier préparatif (c’est à dire, principalement, passage aux toilettes), une petite douche, passage aux toilettes (juste pour être sûr) et c’est parti. Arrêt sur la route pour déposer le petit Timothée chez la baby-sitter.
6h30. Le parc à vélo est déjà bien animé. Le speaker annonce en boucle que la combinaisons sera autorisée. Je vais mettre mes bidons sur le vélo et fixer mes chaussures aux pédales. Petit passage aux toilettes avant d’aller me changer et déposer le sac d’après course.
Le départ des pros est à 7h30. Le mien est à 8h22 précisément. J’ai le temps d’aller les regarder et ça fera un peu passer le temps. J’ai horreur de ces derniers moments d’attente avant le départ.
7:40. Les pros sont partis. Il est temps d’aller gentiment rejoindre le sas de départ. Enfin, j’ai encore un peu le temps. J’en profite pour passer aux toilettes. Non parce que vraiment, une fois que j’aurais mis la combi, ça ne sera plus possible.
8:10. Les 30-35 ans sont parqués prêts à s’aligner sur le pont. Le départ en rolling start se fait par vague de 7 toutes les 10 secondes.
8:22. C’est à nous. Je laisse passer quelques athlètes avant moi, histoire de pouvoir prendre les pieds d’un bon nageur et d’avoir un peu moins de courant à affronter à l’aller. L’eau est vraiment chaude. Je cuits dans ma combi. La traversée du Tennessee River se fait rapidement. Puis on commence la remontée à contre-courant. Le soleil se lève juste en face. Je ne vois rien. Je suis les athlètes devant moi en essayant d’éviter les pieds de ceux que je rattrapent. L’aller passe vite. On retraverse le fleuve et c’est parti pour le retour dans le sens du courant. Je continue à remonter les concurrents. La dernière bouée est déjà là. Direction la sortie, où les bénévoles nous attrapent pour nous aider. Je sors 15ème de mon groupe d’âge, en 27 minutes. 3 minutes de plus que d’habitude.
Première transition. Les bénévoles nous aident à enlever nos combinaisons pendant que d’autres nous apportent les sacs. J’enfile mon casque, les lunettes, les chaussettes, et direction le parc à vélo. Je file vers la sortie, et c’est parti pour 90 km. Les 10 premiers km se font en ville. Une première petite côte, courte mais bien raide, où déjà une dizaine de gars ont déraillé, puis c’est parti pour 300 mètres de dénivelé sur 5 km. Je monte bien, sans trop forcer. Arrivé en haut, ça redescend un peu pendant 5 km, puis c’est reparti pour 20 km de montées plus ou moins raides avec quelques plateaux pour à nouveau 300 mètre de dénivelé cumulé. Sur ces 30 km de montée, j’aurais fait 230 watts de puissance normalisée. Ce qui est beaucoup pour moi (OK, ceux qui rigolent au fond sont priés de sortir). Puis 11 km de descente, où on redescend tout ce qu’on avait monté… J’essaye de pédaler un peu pour relancer mais la vitesse est trop rapide et je tourne les jambes dans le vide. Puis c’est le long retour dans le fond de la vallée, jusqu’à Chattanooga. 30 kms légèrement vallonés, avec le vent de face, qui n’en finissent pas. J’arrive à peine à maintenir la puissance dans l’intervalle cible. Je me dis que la course à pied va être compliquée.
La deuxième transition n’est plus très loin. Je retire mes chaussures, finis les derniers mètres en roue libre et saute de mon vélo. Ça va, les jambes n’ont pas l’air trop lourdes. Je finis le parcours avec 200 watts de moyenne, 217 de NP, pas terrible. J’ai payé mes exploits dans la côté du début sur les 30 derniers km.
Un bénévole attrape mon vélo et un autre m’amène mon sac de course à pied. J’enfile les chaussures, la casquette, et c’est parti.
Je laisse passer quelques foulées et jette un premier coup d’oeil à la montre. Je suis étonné, l’allure est bonne. 3:45 sur les 2 premiers km, faciles. Puis c’est la première bosse. L’allure diminue logiquement. Je commence déjà à remonter du monde. Les bénévoles aux aid stations sont déchaînés, l’ambiance est terrible. On se retrouve à 3 du même groupe d’âge et de même niveau à nous tirer la bourre. Moi dans les montées qui prend le devant, un grand maigrichon qui relance en descente, et le troisième qui prend un relai de temps en temps quand ça mollit. La première boucle se fait gentiment sur ce mode là, en continuant discretement à rattraper du monde. Puis c’est la deuxième boucle. Finie la rigolade. Je profite du passage d’un gars qui commence sa première boucle pour relancer. Mes deux copains s’accrochent vaguement avant de lâcher l’affaire. La deuxième boucle passe plus rapidement. Et le fait de me tirer la bourre avec un gars d’un autre groupe d’âge rend la chose moins pénible. Et c’est avec un honorable 1:27 malgré ce parcours difficile que je finis le semi. 4:37 au total, 90ème de mon groupe d’âge, sur 320 environ, et 314ème sur 2431. Et avec une belle mise en lumière de mes points forts et mes points faibles.

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